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Les taux de crédit immobiliers touchent de nouveaux planchers

Le mois dernier, les taux ont une fois de plus touché de nouveaux plus bas, avec un taux moyen enfonçant la barre des 2%.
Crédit Logement a fait état mardi 03 mai de son point mensuel sur les taux de crédit immobilier. Et pour la première fois depuis les années 40, le taux moyen est passé sous les 2% en mars, à 1,97 % contre 2.09 % en février. Jamais depuis la fin des années 40 les taux des crédits immobiliers ne s’étaient établis à un aussi bas niveau.
Ils ont bénéficié pour cela de l’abondance de ressources d’épargne faiblement rémunérées, de taux des OAT revenus à leur niveau d’avant le déclenchement de la crise grecque et d’une nouvelle amélioration des conditions de refinancement de la BCE. Ils répercutent en outre les pratiques des établissements de crédit qui comme chaque année, avec l’arrivée du printemps, améliorent leurs offres commerciales.

Baisse importante dans l’ancien
La société de cautionnement de crédit immobilier indique toutefois que la baisse n’a pas été homogène, avec une baisse de 31 points de base dans l’ancien depuis octobre 2015 (1.97% en mars), tandis que le recul dans le neuf est moins prononcé, de l’ordre de 19 points de base (2.08% en mars). Toutes les durées et toutes les catégories ont été affectées par la baisse. On remarque toujours que la baisse des taux a bénéficié à toutes les catégories de prêts, même aux durées les plus longues : la baisse des taux sur les prêts à 25 ans a été de 36 points, alors que déjà la hausse qui était intervenue durant l’été dernier avait été la plus faible pour eux.
Selon l’institution, ceci trouve son explication dans la volonté pour les établissements de crédit de soutenir la demande des jeunes et des ménages modestes dans la réalisation de leurs projets de primo accession. La durée moyenne des prêts était de 210 mois en moyenne.

Forte activité
Cette nouvelle baisse des taux tend toutefois à doper l’activité du marché : la production de crédits immobiliers a rebondi en mars, après des mois de janvier et février plus calmes. La production du premier trimestre 2016 est toutefois inférieure de 1.4% au premier trimestre 2015. En nombre de prêts, la baisse est même de 5% pour le nombre de prêts bancaires accordés. Sur 12 mois glissants, la production reste toutefois supérieure de 26.8 % à la période avril 2014-mars 2015. La hausse est de 23.6 % pour le nombre de prêts bancaires accordés.
Le mouvement de baisse pourrait se prolonger en avril, cela ne s’arrête plus. Les banques semblent toujours aller plus loin dans la course au meilleur taux. Depuis janvier les taux mini ont ainsi perdu 60 centimes sur 15 ans et 50 sur 20 ans. On peut se demander combien de temps ces taux incroyables vont perdurer.

Vers un prolongement du mouvement
Par rapport au mois de mai 2015 au moment où les taux étaient descendus à un premier plancher, nous parvenons à obtenir des taux inférieurs de 0,15 % pouvant atteindre au mieux 1,3 % sur 15 ans, 1,50 % sur 20 ans et 1,95 % sur 25 ans ! Ces niveaux de taux inédits que proposent essentiellement des banques régionales s’inscrivent dans un contexte de forte concurrence entre les banques qui cherchent ainsi à capter une clientèle à fort potentiel avec des revenus élevés permettant la mise en place d’une relation bancaire sur le long terme.
Si les précédents planchers sont bel et bien cassés, la baisse est toutefois moins forte qu’en mars ou en février. Les dernières évolutions des barèmes s’inscrivent dans le sillage du mouvement de fort repli des taux engagé depuis le début du premier temps fort habitat. Mais le ralentissement de ce mouvement est assez sensible sur le mois. On note que, pour la première fois depuis janvier, certains profils ou maturités de prêt n’enregistrent aucun mouvement. La politique menée par la Banque Centrale Européenne et les récentes déclarations de Mario Draghi tendent à encourager les banques à prêter à des taux bien inférieurs à ceux pratiqués en début d’année. La pression concurrentielle entre établissements joue à plein, et tire une fois de plus les taux vers le bas, sur quasiment l’ensemble des grilles.