2019 : Des taux d’emprunt historiquement bas

1,29%, c’est le taux de prêt immobilier qui a été enregistré pour le mois de mai 2019. Un record puisque les taux n’avaient jamais été aussi bas depuis la fin 2016 où les taux étaient affichés à 1,33%. Depuis fin 2015, la conjoncture est particulièrement en faveur des emprunteurs puisque les taux moyens de prêt immobilier ne cessent d’évoluer à la baisse. Pour 2019, cette tendance se confirme et, selon certains experts, les taux ne devraient pas repartir à la hausse au moins jusqu’à la fin d’année. Une situation qui incite donc à l’investissement immobilier pour de nombreux français.

 

Un record enregistré en mai 2019

 

Dans la lignée des années précédentes, les taux d’emprunt immobiliers étaient en baisse depuis le début d’année 2019. Cette fois-ci, leur niveau a atteint un record puisqu’ils ont dépassé le précédent record de 1,33% enregistré à la fin 2016. Pour le mois de mai 2019, les taux d’emprunt pratiqués sur le marché ont continué sur la même dynamique en se fixant au niveau de 1,29%. Un record en France ! Cette évolution a été enregistrée par l’Observatoire Crédit Logement CSA qui avait déjà constaté une baisse depuis le mois de février : 1,44%, 1,39% en mars, 1,35% en avril, puis 1,29% en mai. Ces taux bruts (hors frais et assurances), ont été observés en englobant l’ensemble des durées des prêts.

 

Pourquoi les taux continuent de baisser ?

Une stratégie favorable de la BCE

 

Dans son rapport, l'Observatoire Crédit Logement CSA commente cette baisse des taux : “Pour le 12ème mois consécutif, ils sont inférieurs au rythme de l’inflation”. L’une des principales raisons de cette baisse concerne la stratégie mise en place par la Banque Centrale Européenne (BCE). Depuis 2016, la BCE a adopté une position visant à favoriser l’économie. En effet, les banques peuvent aujourd’hui emprunter auprès de la BCE à un taux 0%. Logiquement, cette condition se répercute sur les emprunteurs qui bénéficient directement de cette situation avantageuse pour les banques. Aujourd’hui, selon la durée d’emprunt, il est possible d’emprunter à des taux moyens particulièrement bas :

 

  • 1,02% sur une durée de 15 ans (1,21% fin 2018)
  • 1,20% sur une durée de 20 ans (1,41% fin 2018)
  • 1,42% sur une durée de 25 ans (1,63% fin 2018)

 

Une concurrence accrue

 

En plus de cette politique mise en place par la BCE en faveur des banques, le marché bancaire joue également un rôle dans cette baisse des taux. En effet, face à une concurrence particulièrement importante, les organismes bancaires cherchent à séduire les clients en proposant des taux toujours plus attractifs. L’émergence des banques en ligne et des néobanques comme de véritables concurrents aux banque traditionnelles vient rajouter un peu plus de compétition, un élément qui bénéficie directement aux emprunteurs.

 

Des durées d’emprunt plus longues

 

L’accès à la propriété est également facilité par les banques qui sont désormais plus enclines à accorder des prêts sur des durées plus longues. Les prix de l’immobilier étant en perpétuelle augmentation, et ce, de manière très spectaculaire depuis plusieurs années, l’accès à la propriété devenait compliqué. L’importante baisse des taux d’intérêts a ainsi permis de compenser, en partie, la flambée des prix de l’immobilier. Cependant, afin de supporter le coût du remboursement des mensualités, les ménages privilégient désormais des durées plus longues de remboursement.

 

Une tendance qui se retrouve dans les chiffres, puisque selon l’Observatoire Crédit Logement CSA, la durée moyenne d’emprunt a augmenté de 19 mois depuis la fin 2017, passant de 209 à 228 mois. Aujourd’hui, les banques acceptent plus facilement les demandes d’emprunt sur de longues durées : plus de 41% des emprunteurs ont un prêt sur une durée allant de 25 à 30 ans (contre 14,4% en 2014). Le marché de l’immobilier est donc en pleine mutation et les primo-accédants n’hésitent pas à s’endetter sur de longues durées. Cela leur permet d’accéder à la propriété malgré la hausse des prix de l’immobilier tout en conservant leur pouvoir d’achat.

 

Un accès à l’emprunt facilité et bénéfique

Un assouplissement des conditions d’emprunt

 

Devenir propriétaire est un objectif important pour de nombreux français, et ce, quelles que soient les catégories sociales et les niveaux de revenus. Pour répondre aux souhaits de chacun de devenir propriétaire, les banques ont donc considérablement assoupli leur conditions d’accès à l’emprunt. En effet, en plus d’accepter plus facilement les prêts sur de longues durées, les organismes de prêt ont également réduit le niveau minimum de l’apport personnel. Alors qu’il était d’environ 30% dans les années 80, les banques acceptent désormais des dossiers d’achat dans l’ancien où l’apport ne représente que 14,7%. L’assouplissement des conditions d’accès à la propriété est donc favorable à de nombreuses catégories de personnes qui ne pouvaient pas y accéder auparavant.

 

D’importants avantages pour les meilleurs profils

 

Selon les profils d’emprunteurs, les conditions du prêt peuvent varier et influer sur le montant des mensualités. Dans la conjoncture actuelle, l’accès à l’emprunt est désormais possible pour une clientèle plus large. Concernant les meilleurs profils, ces derniers bénéficient de conditions encore plus intéressantes grâce à des décotes conséquentes selon leurs revenus ou bien leur âge.

 

Faut-il renégocier son emprunt ?

 

Au vu de la conjoncture et des conditions d’emprunt, la question est légitime. En effet, la renégociation d’emprunt est un bon moyen pour réduire sensiblement le coût ou la durée de son emprunt. Le niveau historiquement bas des taux d’emprunt incite donc fortement à la renégociation. Cette incitation à renégocier son emprunt se retrouve dans l’augmentation du nombre de demandes de renégociation. Pour que cette opération soit véritablement intéressante, plusieurs conditions doivent être réunies :

 

  • Durée d’emprunt : être dans le premier tiers de remboursement
  • Ecart de taux : différence d’au moins 0,70 point par rapport au crédit contracté
  • Montant de remboursement restant : minimum de 70 000 euros

 

La tendance à la baisse va-t-elle continuer ?

 

Selon la majorité des experts du secteur, la situation économique actuelle reste en faveur des emprunteurs. A l’heure actuelle, aucun signe ne laisse présager d’une augmentation des taux d’emprunt, au moins à court terme. Plusieurs experts sont même d’accord pour estimer que la conjoncture sera toujours favorable au minimum jusqu’à l’été 2020.

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